samedi 8 janvier 2011

Nagarjuna

Le père du mahayana*


Dans ku il n'y a ni matière, ni perception, ni sensation, ni action, ni conscience.

Il n'y a non plus ni couleur, ni son, ni odeur, ni goût, ni toucher, ni pensée.

Il n'y a ni savoir, ni ignorance, ni illusion, ni cessation de l'illusion.

Il n'y a ni naissance, ni mort, ni souffrance, ni cessation de la souffrance.

Il n'y a ni profit, ni non-profit.

Nagarjuna (~150-~250). I

L'homme : Quatorzième patriarche de la lignée indienne, disciple de Kapimala et maître de Kanadeva. Fondateur du madhyamaka (doctrine de la voie du milieu).

Son histoire : Nagarjuna était un guru à part entière, suivi par de nombreux disciples, quand il rencontra Kanadeva, qui le convertit au bouddhisme, l'ordonna (ainsi que ses cinq cents disciples) et fit de lui son successeur. Auteur de nombreux ouvrages, il est resté dans l'histoire comme le plus grand philosophe bouddhiste.

Son enseignement : ku, la vacuité. La voie du milieu entre la réalité et la non-réalité des choses.


De Nagarjuna, le Hekiganroku* nous dit qu'il a « mené la philosophie bouddhiste à son achèvement ». Lorsqu'il eut rencontré Kanadeva, son futur successeur, et qu'il eut reconnu la profonde affinité d'esprit qui les unissait, il le fit asseoir à son côté. Puis, toujours assis, il prit la forme de la pleine lune. Kanadeva dit alors à l'assemblée : « Le vénérable est en train de nous montrer la forme même de la nature de Bouddha en la manifestant. Tout bien considéré, le samadhi* sans forme est comme la pleine lune. La nature de Bouddha est clarté et brillance vide. »

Considéré comme le « père du mahayana* » en ce qu'on lui doit la formulation de la doctrine de ku, la vacuité, Nagarjuna est le fondateur de l'école des madhyamika, qui a connu une grande expansion dans le bouddhisme tibétain. Voulant eux aussi lui rendre hommage, les maîtres zen l'ont intégré dans la lignée des patriarches indiens. Son grand mérite est d'avoir systématisé et approfondi la doctrine exposée dans le Prajnaparamita sutra, et notamment dans le « Sutra du Cœur », le Maka hannya haramita shingyo, qui est chanté chaque jour dans tous les temples zen.

S'appuyant sur la doctrine de la production conditionnée, qui se trouve au cœur de l'enseignement bouddhique, Nagarjuna constate que tous les phénomènes ont une cause et n'existent que par le tissu des liens d'interdépendance. Comme les facteurs causals sont en perpétuel changement, les phénomènes n'ont pas d'existence stable, permanente : ils n'ont donc pas de réalité propre, et cette irréalité fondamentale est ce que Nagarjuna appelle sunyata, ku en japonais, qu'on traduit en général par vacuité.

Mais la réfutation de toute assertion de la réalité des choses n'est pas une négation de l'existence. La voie du milieu ouvre une percée entre l'affirmation du monde et sa négation, qu'elle englobe et dépasse toutes deux. Tel est le sens fondamental de la phrase clé du Maka han-nya haramita shingyo : Shiki soku ze ku, ku soku ze shiki, « les phénomènes ne sont pas différents du vide, le vide n'est pas différent des phénomènes ». Ce qui est interdépendance et conditionnement du point de vue du monde phénoménal est ku, vacuité, du point de vue du nirvana*, qui est la conscience intuitive de la vraie nature des choses. Il existe ainsi deux niveaux de réalité qui ne s'excluent pas mutuellement mais s'interpénétrent : la vérité relative - celle des concepts, de la dualité -, et la vérité absolue - qui se situe au delà des contradictions et relève d'une connaissance fusionnelle et intuitive. Ku débouche à la fois sur la négation de la réalité apparente des phénomènes et sur la délivrance : ce n'est plus alors une tentative d'explication du monde mais une expérience intime dont les mots ne peuvent pas rendre compte.

On dit qu'avant de se livrer à l'approfondissement de la doctrine bouddhique, Nagarjuna avait été initié aux connaissances occultes par des serpents (naga) sous un arbre (arjuna). On dit aussi qu'à la fin de sa vie, il abandonna l'étude de la philosophie pour celle du kesa*, la robe transmise de maître à disciple que le moine revêt pour la pratique de zazen*.


Le bodhisattva* de la vraie liberté et de la compassion,

par la pratique profonde de la grande sagesse,

comprend que les cinq agrégats (corps, perception, pensée,

activité, conscience) ne sont que vacuité et,

par cette compréhension, il aide tous ceux qui souffrent.

Maka hannya haramita shingyo

1 commentaire:

clovis simard a dit…

Bonjour,

Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

La Page No-5: ZEN !

THÉORÈME ZEN ? LE ZEN C'EST MATHÉMATIQUES ?

Cordialement

Clovis Simard