samedi 15 janvier 2011

Ananda

L'humble serviteur

Seigneur, ce serait bien si tu permettais aux femmes

d'entrer dans la vie sans demeure selon ton enseignement et ta discipline.


Ananda

(Ve siècle av. J.-C). I

L'homme : Disciple du Bouddha Shakyamuni, deuxième patriarche de la lignée zen, maître de Shanavasin.

Son histoire : Cousin de Shakyamuni, Ananda resta pendant vingt ans à son service, puis vingt autres années à celui de Mahakasyapa. Participa au premier concile bouddhique. C'est lui qui encouragea le

Bouddha à accepter les femmes dans la sangha*.

Son enseignement : Célèbre pour sa mémoire prodigieuse, Ananda restitua oralement l'intégralité des sermons délivrés par Shakyamuni. C'est ainsi que furent jetées les fondations du canon pali.

Épisodes marquants : C'est lui qui éventa le complot ourdi par Devadatta pour assassiner Shakyamuni. Participation au premier concile bouddhique. Mondo* avec Mahakasyapa.


Douceur et humilité ; telles étaient, outre sa mémoire prodigieuse, les qualités dominantes d'Ananda, qui semble par ailleurs avoir eu beaucoup de mal à résister à l'attrait du beau sexe. Il n'accepta de devenir le serviteur personnel de Shakyamuni, dont il était le cousin et le disciple, qu'après que celui-ci lui eut promis que cette position ne lui assurerait aucun avantage. Il prit à diverses reprises le parti des jeunes moines, irrités par l'intransigeance de Mahakasyapa au point de mettre le feu à sa hutte pendant la retraite estivale. C'est également lui qui incita le Bouddha à donner satisfaction aux disciples de sexe féminin qui souhaitaient la création d'un ordre de nonnes. Malgré leur différends, Mahakasyapa finit par certifier Ananda et en faire son successeur dans la transmission de la Lampe. Le dialogue suivant entre les deux premiers patriarches est rapporté dans le Mumonkan* et le Denkoroku* : Ananda demanda au vénérable Mahakasyapa : « Frère aîné dans le dharma*, le Bienheureux t'a-t-il transmis quoi que ce soit en dehors de la robe dorée ? » « Ananda ! » s'écria Mahakasyapa. « Oui Monsieur », répondit Ananda. « Enlève le drapeau devant l'entrée. » (En Inde, lorsque des disciples du Bouddha avaient un débat avec d'autres personnes, la coutume voulait que chaque camp plante un drapeau. Le mondo* suggère que l'esprit de Mahakasyapa et celui d'Ananda sont désormais en parfaite harmonie).

Dans les textes zen, Ananda est souvent mentionné pour illustrer l'insuffisance de la compréhension rationnelle. En effet, Ananda était renommé pour son intelligence, son érudition et sa mémoire infaillible, à tel point que c'est à lui qu'on fit appel pour réciter tous les sermons du Bouddha lorsqu'on décida de fixer la doctrine orthodoxe. Malgré cette vaste connaissance, le Bouddha ne lui donna pas la transmission, et Mahakasyapa attendit de nombreuses années pour le certifier, car il n'avait pas pénétré l'essence de l'enseignement par la compréhension intuitive. En fait c'est lors du premier concile bouddhique qu'Ananda, déjà fort âgé, atteignit 1'« illumination parfaite ». Après qu'on lui eut refusé l'entrée du concile sous prétexte qu'il n'était pas encore arhat*, il se retira pour méditer jusqu'à l'aube. Il voulut alors prendre un peu de repos, mais « entre le moment où il leva ses pieds du sol et celui où il coucha sa tête sur le lit, il réalisa la "destruction des influences et la libération de la renaissance" », acquérant par la même occasion des pouvoirs spéciaux qui lui permirent d'entrer le lendemain dans la salle du concile par le trou de la serrure.

1 commentaire:

Frédéric Baylot a dit…

Superbes tous ces portraits
magnifique coup de crayon coloré

merci

chaleureusement

frédéric
http://lejardindelavisionpure.wordpress.com/